Description
Tous les Sato du Japon, prenez garde! Un phénomène très étrange s’étend sur tout le pays. Une véritable épidémie de morts étranges, sous forme d’accidents bizarres ou de suicides, fait de nombreuses victimes – et toutes ces victimes portent le même nom: Sato. Un étudiant du secondaire, Tsubasa Sato, ne s’en fait pas vraiment pour ça. Il est déjà très préoccupé par l’état de sa sœur, hospitalisée et catatonique, et par la condition de son père, désœuvré et alcoolique. Sans compter qu’il y a aussi une bande d’ados durs à cuire qui veulent lui donner une raclée. Heureusement, Sato est un expert lorsque vient le temps de courir et d’esquiver des coups, au point qu’il y a même quelque chose d’irréel à ses prouesses. Cependant, l’irréel deviendra réel quand, d’un instant à l’autre, Sato se retrouvera plongé dans un monde parallèle au nôtre, similaire mais différent à la fois. Ses amis ne sont plus les mêmes, et, par-dessus tout, un mystérieux Roi masqué a inauguré un genre particulier de jeu de tag, du haut de son gratte-ciel du centre-ville. De sinistres truands capuchonnés dévalent les rues de la ville, tuant quiconque se nomme Sato… et ils ont notre héros dans le collimateur!
Avec cette adaptation envoûtante du roman de Yusuke Yamada, Issei Shibata – en tout premier lieu un producteur, avec
THE SHADOW SPIRIT à son actif, présenté aussi à Fantasia cette année – nous livre un admirable exercice de contrepoint. Les courses à pied désespérées et débordantes d’adrénaline qui parsèment
THE CHASING WORLD s’accompagnent de décors d’une simplicité de jeux vidéo, puis d’un flirt délibéré avec les films quétaines de série B (le masque du Roi et sa salle du trône semblent tout droit sortis d’un des minables pastiches de
STAR WARS du début des années 80). Le film s’articule autour d’une curieuse transposition de réalités à la Philip K. Dick, mais avec moments de cruauté odieuse, et une trame sonore mélancolique qui donne froid dans le dos (pourtant, de la musique classique). Ne marchez pas: courez faire la queue pour voir ce surprenant et satisfaisant petit bijou!
—Rupert Bottenberg (traduction Sébastien Robidoux)