Description
Jusqu’à quel point aimez-vous que votre cinéma soit tordu? Et jusqu’à quel point cette valeur est-elle entrelacée avec l’amour des sécrétions sexuelles, et de l’extrême destruction, et des distorsions du corps humain? Pourquoi, demanderez-vous? Parce que c’est l’heure de
TOKYO GORE POLICE, les enfants! Si William Burroughs et un punk éclabousseur comme HR Giger défiaient un jour Sion Sono à une compétition d’enfer de bizarroïde manga /
VIDEODROME/
SHOGUN ASSASSIN/
TETSUO, le résultat serait probablement cette étourdissante et subversive blitzkrieg. Du lait maternel qui brûle comme l’acide, des pénis-pistolets, des meubles de chair vivants, et la plus surréaliste douche dorée de l’histoire du cinéma ne sont que quelques-unes des transgressions qui vous laisserons bouche bée plus souvent qu’autrement!
Situé dans un Tokyo futuriste où la police a été privatisée et où l’automutilation est tellement chose commune que même la publicité est particulièrement dirigée vers cette ‘tranche’ démographique,
TOKYO GORE POLICE est l’histoire de la samouraï Ruka (la superbe Eihi Shiina, de
AUDITION) et son désir de venger l’assassinat de son père. Ruka est flic, et son corps est couvert de cicatrices pour le prouver. Que la plupart de ces cicatrices soient le résultat d’automutilations, est une autre histoire. La mission de son contingent est de détruire tous les meurtriers mutants appelés ‘ingénieurs’. Action, aberrations et incroyables carnages tracent la voie de Ruka vers sa récompense, occasionnellement interrompue par des commerciaux télévisés venimeux et satiriques, qui sont vraiment géniaux. Un de ceux-ci prône les vertus d’un bidule simili-Wii subventionné par le gouvernement, et qui permet aux parents de victimes de meurtre de massacrer à distance les tueurs appréhendés par la police. Ouille!
L’homme derrière cette furie est Yoshihiro Nishimura, faisant ses débuts contre-culturels après avoir atteint la notoriété pour ses effets spéciaux souvent hallucinatoires dans des chouchous de festivals tels que
MEATBALL MACHINE,
EXTE, et
SUICIDE CLUB, de Sono, pour lesquels il a aussi fait décors et costumes. Basé sur le court
ANATOMNIA EXTINCTION, de Nishimura, acclamé en 1995, et écrit par Kengo Kaji (co-scripteur de
UZUMAKI), on peut aussi y admirer la trucidante chorégraphie de combats de la star de
VERSUS, Tak Sakaguchi;
T.G.P. est absolument, sans conteste, un acte de folie collective.
—Mitch Davis (traduction Sébastien Robidoux)