Description
Chaque fois que Bill Plympton nous revient avec un nouveau projet, c’est toujours un plaisir. Et ce long métrage ne fait pas exception à la règle… Il s’agit de l’histoire d’un marchand d’armes insatisfait de son existence, au tempérament bagarreur, et prompt à s’enivrer chaque jour, dans un bar, entre autres velléités. C’est sa routine habituelle: il se lève en rogne, se douche en grommelant, s’en va se soûler, insulte les autres clients du bar, et se bat avec quelqu’un. Mais un beau matin, il s’éveille avec des ailes d’ange poussant inexplicablement entre ses omoplates! Voilà qu’il peut voler et faire toutes sortes de choses surhumaines. Mais il n’a vraiment pas le caractère d’un ange.
Pour Bill Plympton, c’est l’après-
HAIR HIGH. L’autre extrême, en réalité. Finies les voix de célébrités, les orgies de couleurs, et les grands déploiements. C’est un retour à la simplicité volontaire de ses inoubliables courts métrages.
IDIOTS AND ANGELS est une œuvre épurée, dépouillée, mais poétique, également, et abrasive, et parfumée d’une insolite mixture de « misanthropie optimiste »… Du Plympton, à son meilleur. Pas de dialogues. Très peu de personnages. Des teintes ocres et terreuses. Des traits de crayon et autres ombrages hachurés confèrent une texture brouillon à tout le film. Le plus grand plaisir du réalisateur demeure néanmoins de hachurer les comportements humains – en n’oubliant pas non plus de déconstruire le train-train quotidien pour en faire des échafaudages absurdes (et, quelquefois, affreusement grotesques)… Durant une bagarre de taverne, par exemple, un plan de l’intérieur du thorax nous dévoile les effets véritables d’un coup de poing. Un autre plan, du point de vue de la bouche d’un homme, montre ce que c’est que de prendre une gorgée d’alcool… Le surréalisme, lui aussi, est au rendez-vous. Une femme verse une larme devant la tombe de l’être aimé; la larme tombe dans l’herbe, puis se métamorphose en fleur; une racine de cette même fleur descend se loger dans le cœur du corps inhumé. Ingénieuses transitions.
IDIOTS AND ANGELS prouve une fois de plus que Plympton est un véritable original.
—Mitch Davis (traduction David Pellerin)