JF Rivard

Mot de bienvenue du Président du Jury longs métrages


Comme plusieurs d'entre vous, soyons honnêtes, j'ai creusé des tunnels dans les bancs de neige des terrains de Loretteville après la sortie de STAR WARS : THE EMPIRE STRIKES BACK. CLOSE ENCOUNTER OF THE THIRD KIND a transformé les patates pilées de ma mère en Devil's Tower lors des soupers familiaux du dimanche. Un quai sur le Lac Beauport me semblait moins sécuritaire après avoir vu JAWS et l'espérance de vie des ampoules de ma chambre a diminué considérablement suite à une projection de THE EXORCIST.

Tout au long du tournage de la série LES INVINCIBLES, je me suis fait un malin plaisir à rendre hommage à tous ces films qui ont nourri mon imaginaire. Reste qu'aujourd'hui, même si je dors encore les lumières allumées, le genre fantastique n'est pas qu'une vitrine aux prouesses d'ingénieurs en effets spéciaux. Ce genre est une porte à notre inconscient qui par métaphores, reflète nos peurs, nos angoisses et aussi nos espoirs d'un monde meilleur.

J'ai découvert le festival Fantasia il y a de nombreuses années et non seulement, j'avoue être un fervent amateur de cinéma de genre, mais ce cinéma a toujours été une grande source d'inspiration dans mon travail. Le métissage des genres et l'originalité des productions présentées ne cessent de me surprendre et de m'émerveiller. Un film comme LET THE RIGHT ONE IN, mon coup de cœur présenté l'An dernier, en est un bel exemple.

Voir un film à Fantasia est une expérience incomparable. L'énergie y est littéralement palpable et l'enthousiasme du public y était réellement unique. C'est pourquoi j'ai été honoré lorsque les organisateurs du festival m'ont approché pour être président du Jury Longs Métrages. Je crois sincèrement que Fantasia a sa raison d'être dans le paysage des festivals de films. C'est la chance d'y vivre collectivement des expériences cinématographiques audacieuses. La qualité et la variété constante de films présentés ne cessent de surprendre. J'ai personnellement bien hâte de découvrir certains des films présentés cette année. De plus, je suis heureux de voir que le festival a programmé un bon nombre de films québécois indépendants et organise plusieurs colloques destinés aux jeunes réalisateurs. Un film n'existe que s'il est vu ou projeté. À Fantasia, vous êtes des milliers à faire exister tous ces films provenant des quatre coins de la planète.

À la fin juillet, je souhaite entendre les organisateurs s'approprier la célèbre phrase de Roy Scheider dans JAWS en parlant de l'édition 2010 : «We're gonna need a bigger boat!» …

Bon cinéma!

Jean-François Rivard

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