Description
« Tu ne tueras point, tu ne commettras point d’adultère, tu ne convoiteras point la femme de ton prochain… » Dans une petite ville de Corée du Sud, Sang-hyun, un pasteur respecté, s’évertue à vaincre sa luxure impie en s’autoflagellant. Il fait la rencontre de Tae-ju et de sa mère surprotectrice. Tae-ju vit avec son mari malade, un bon ami du pasteur, et court pieds nus dans la nuit en rêvant d’échapper à son triste sort. Alors que Sang-hyun fait plus amples connaissances avec elle, il lui offre une paire de chaussures, mais il cache un sombre secret. Un traitement médical expérimental qu’on lui a précédemment administré et qui a affreusement mal tourné l’a transformé en vampire. Un crime sanglant teinté d’amour et de passion s’annonce.
Le réalisateur Park Chan-wook, acclamé pour sa trilogie
VENGEANCE qui incluait
OLDBOY, marque son retour au suspense avec le controversé
THIRST, un film de vampire coréen dépeignant l’amour interdit entre un homme de foi et une femme prise dans un mariage qui la rend misérable, un amour qui contredit les trois commandements bibliques notés ci-haut.
THIRST a reçu une longue ovation au dernier Festival de Cannes, où il a aussi remporté un Prix du jury. Park a pris le risque de faire appel à une actrice méconnue, Kim Ok-vin, pour interpréter le rôle difficile de Tae-ju et a gagné son pari. Kim, qui en est seulement à son deuxième long métrage, livre une performance phénoménale.
THIRST jouit d’une superbe distribution d’interprètes aguerris, dont certains qui avaient déjà travaillés avec Park, comme l’excellent Song Kang-ho (
SYMPATHY FOR MR. VENGEANCE,
THE HOST et
JSA) et Shin Ha-Kyun (
SYMPATHY FOR MR. VENGEANCE et
SAVE THE GREEN PLANET). Dans le rôle de la belle-mère brille la remarquable Kim Hae-sook, une actrice dont la présence charismatique a déjà honoré presque toutes les séries dramatiques coréennes jusqu’ici. Le directeur photo de renom Chung Chung-hoon, qui a travaillé sur
OLDBOY, est aussi à bord. Bien que le film fut inspiré par le roman THÉRÈSE RAQUIN d'Émile Zola, les riches intrigues secondaires et l’usage symbolique de l’espace, des couleurs, des éclairages, des angles de caméra et de la mise en scène apporte une riche variété de possibles interprétations, surtout lorsque le pasteur apparaît nu dans une scène qui ridiculise la religion et certains problèmes sociaux en Corée, image ayant suscité un énorme débat sur sa terre natale. Cette coproduction Corée du Sud-États-Unis offre une multitude de perspectives et chacune d’elles étanchera votre soif de cinéma à la fois intense et intelligent.
—Mi-jeong Lee (traduction Nicolas Archambault)