Description
Homme cherche femme. David est un diplômé d’Harvard, Anglais d’origine, poli, déterminé, articulé et fort intelligent. Il aime blaguer, le mini putt, danser la salsa, les Red Hot Chili Peppers, jouer de la guitare et cuisiner des soupers en tête à tête. Parmi des centaines de femmes, il a choisi Francesca, car, selon lui, ils sont totalement compatibles. Un match parfait? Pas tout à fait… en fait, au lieu de l’inviter à dîner, le premier n’a pu s’empêcher de kidnapper la deuxième – c’est là le problème. Rembobinons donc à la toute première scène, afin d’en savoir un peu plus sur son plan apparemment infaillible.
Une jeune femme marche tranquillement dans une ruelle relativement déserte. Quelques flocons tombent ici et là; il ne semble pas faire trop froid. De nulle part, un type surgit et lui fout rapidement sur le visage un mouchoir : elle s’évanouit aussitôt, avant un fondu au noir. Une ancienne manufacture, dans le vieux Montréal, est aussi vide que défraichie. À l’intérieur, la même jeune femme y est maintenant assise sur une chaise… ligotée. Ayant visiblement beaucoup pleuré, son mascara a coulé sur son bâillon fait de ruban gommé. Et ça ne fait que commencer. Il va bientôt la détacher, afin de pouvoir commencer à jouer.
Rassurez-vous, nous ne sommes pas dans un vulgaire clone de « torture porn » ici. Donc, évidemment, oubliez l’abondance d’épanchements de sang. On a plutôt droit à une espèce d’hybride entre un drame psychologique et une (légèrement tordue) comédie à tendance romantique.
TWISTED SEDUCTION, premier film de Dominique Adams, est essentiellement un suspense en forme de huis clos, s’appuyant, malgré un budget visiblement restreint, sur une jolie et inventive cinématographie et surtout sur ses deux acteurs principaux qui, bien que débutants, sont plus que compétents. Du coup, le film joue pratiquement comme une pièce de théâtre de type classique : un nombre restreint d’acteurs livrant des dialogues bien écrits avec conviction, situé dans (presque) une seule localisation, un loft en décomposition. Entre les scènes, il y a même des écrits interstices, comme on faisait jadis. Et on joue sur toutes sortes d’émotions. Alors, a-t-on affaire à un tueur sadique ou n’est-ce qu’un passionné légèrement psychotique? Difficile à dire, lorsque le protagoniste nous parle d’emblée de fleurs… comme le ferait un « serial killer » : on leur coupe le corps en deux et on retarde artificiellement leur mort, afin de les regarder expirer. Troublé, mais pas complètement cinglé. Simplement dérangé.
—Kristof G.