Description
C'est le bordel à Séoul. Un meurtrier sévit depuis plusieurs semaines et la police demeure incapable de le retrouver, ce qui tend à irriter, voire carrément énerver, la population. Le président en a fait une affaire personnelle et les hauts gradés des forces de l'ordre doivent lui rendre des comptes. Le suspect numéro un est abattu par les flics dans des circonstances nébuleuses. Les bavures dans ce dossier s'accumulent tellement qu'elles pourraient irriguer le désert du Gobi. On fait alors appel au capitaine Choi, un as pour débusquer les bandits à cravate, afin de bâtir de toutes pièces une histoire crédible aux yeux du citoyen. Quoi de mieux qu'un radar à magouille pour en créer une? Aucun homme de la trempe de Choi ne voudrait mettre le nez dans cette sale manipulation du public, mais quelques squelettes liés à un magnat de l'immobilier aux pratiques mafieuses peuplant son placard, une histoire venue aux oreilles des affaires internes, contribuent à le convaincre. Pendant ce temps, un jeune procureur ambitieux amateur d'enveloppes brunes cherche aussi des embrouilles à Choi, lui bâtissant un joli dossier bien compromettant. C'est vraiment le bordel à Séoul et les emmerdes ne font que commencer...
Toutes les histoires sur la corruption institutionnalisée ayant dernièrement monopolisé notre paysage médiatique vous embrasent le popotin? Chers concitoyens, nous avons trouvé, en République de Corée, un suspense captivant qui se paie la tête des artisans du cynisme ambiant.
THE UNJUST frappe fort, mais se garde bien d'offrir la moindre morale et se regarde avant tout comme une authentique superproduction. Son rythme endiablé, son dynamisme visuel hallucinant et son humour noir grinçant en font un divertissement intelligent, le genre de production capable d'abattre le clivage séparant le cinéma populaire des œuvres plus intellectuelles. Ryoo Seung-wan a prouvé avec
ARAHAN et
THE CITY OF VIOLENCE qu'il pouvait faire des longs métrages amusants.
CRYING FIST a démontré sa capacité à livrer un film dense socialement engagé. Avec
THE UNJUST, il utilise cette polyvalence qui a fait sa renommée pour pondre sa réalisation la plus accomplie. Il faut dire que le scénario aux dialogues divins de Park Hoon-jung, architecte du récit tordu de
I SAW THE DEVIL, est en béton armé et constitue une structure solide avec laquelle un créateur du talent de Ryoo peut bâtir une œuvre à l'épreuve du temps. Ajoutez à cela une distribution de rêve, menée par Hwang Jeong-min (
BLADES OF BLOOD) et Ryoo Seung-beom (excellent en procureur teigneux aux pratiques douteuses), et vous obtenez ni plus ni moins que l'un des meilleurs films de l'année. Juré!
—Nicolas Archambault