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Tomorrow Never Comes

Tomorrow Never Comes Tomorrow Never Comes

À l'affiche

Équipe de production

Réalisation: Peter Collinson
Scénario: Sydney Banks, David Pursall, Jack Seddon
Interprètes: Oliver Reed, Stephen McHattie, Susan George, Raymond Burr, Donald Pleasence
Production: Michael Klinger, Julian Melzack
Origine de la copie: Cinémathèque québécoise

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Description

Un an avant sa participation à THE BROOD de David Cronenberg, l’immortel Oliver Reed obtint un rôle principal dans ce teigneux drame criminel, jouant Jim Wilson, flic dans une ville touristique corrompue passant son dernier jour au boulot en plein milieu d’une prise d’otage laborieuse. Tourné entièrement au Québec, TOMORROW NEVER COMES est un joyau tardif du réalisateur de THE ITALIAN JOB, fier artisan de l’exploitation canadienne, utilisant judicieusement plusieurs lieux de Montréal et Laval – fait appuyé par tout plein de canettes de Molson Export.

Si Reed excelle en cabotinant au max, la vraie perle de TOMORROW NEVER COMES reste l'obsédante performance d’un jeune Stephen McHattie (PONTYPOOL) dans le rôle de Frank, un homme rejeté sur un élan vengeur brutal et écervelé visant à regagner sa copine. Aussi engagé que frustré, McHattie est littéralement électrifié, magnétisant toutes ses scènes, pendant que son ex-flamme est jouée par la magnifique Susan George, livrant une fragile et douloureuse performance, rappelant son tour de force dans STRAW DOGS de Sam Peckinpah. Quand Frank découvre que sa bien-aimée Janie est maintenant la maîtresse du plus riche homme de la ville, il explose férocement des gueules dans un bar, avant de repartir ensanglanté, amoché et complètement cinglé. Traquant Janie jusqu’à l’hôtel Barbazon, lieu central du film, il trouve le moyen de terroriser la femme de chambre, tirer sur un flic et battre son ex, avant de la prendre en otage. Dès lors, commence une bataille psychologique entre McHattie et Reed, qui espère calmer Frank, avant que son partenaire fort sur la gâchette Willy (Paul Koslo) se décide à tirer comme un fou un peu partout, risquant vraisemblablement d’abattre Frank et sa copine.

TOMORROW NEVER COMES est remarquable pour son gigantesque éventail de pointures canadiennes, incluant McHattie, Koslo, John Ireland et Raymond Burr, en plus d’une apparition toujours bienvenue de Donald Pleasence en tant que marrant docteur. Oliver Reed surprend continuellement à l’aide de scandaleuses méthodes de négociation visant à récupérer l'otage – se cachant dans l’ombre pour caler une Molson Export, envoyant un enfant livrer de la Molson Export à Frank, foutant le bordel avec des canettes de Molson Export (une commandite?). Cependant, c’est la relation moralement tordue entre McHattie et George qui procure les moments les plus blessants, intenses et satisfaisants du drame, Janie devenant en quelque sorte le « prix » de la partie jouée par les deux hommes, à la fois malengueulés, armés, entêtés et débordant de testostérone. Notons aussi l'excellente direction photo de François Protat et la bande sonore funky, parfois même schizophrénique, de Roy Budd.

—David Bertrand (traduction Kristof G.)

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