Description
Dans la perpétuelle marée humaine du quartier Shibuya à Tokyo, la timide Junko (Norie Yasui), une employée de bureau de 22 ans, se fait aborder par un homme qui lui promet de changer sa vie, d'accomplir ses rêves. Ces belles paroles laissent entrevoir un conte de fées. Le lendemain, elle entame sa nouvelle vie sous un nouveau nom : Lulu. Et Lulu est une actrice secondaire de films pornographiques. Nous sommes loin du conte de fées, mais la constante oppression de sa mère (Makiko Watanabe,
LOVE EXPOSURE) et l'ingratitude de ses collègues ont mené Lulu à vouloir devenir quelqu'un d'autre et, à ce chapitre, son personnage d'
otaku sexy arborant perruques et costumes la sert à merveille. Sur son premier tournage, elle rencontre Ayano (Mayu Sakuma). Si Lulu est docile, gentille et innocente, Ayano, elle, détient une personnalité forte, rebelle et violente. Une profonde amitié unira les deux jeunes femmes qui s'aideront mutuellement à endurer un milieu où, pour satisfaire une clientèle avide, elles doivent abandonner toute pudeur, pratiquer une sexualité inédite et même, « feindre » le viol. Bien qu'elle tienne à séparer ses deux vies, Lulu se perd peu à peu dans son personnage, saoulée par cette popularité qui la motive à repousser ses limites, devenant chaque jour davantage un objet pour son gérant et ses admirateurs, dont l'un s'avère particulièrement déséquilibré...
Au Japon, plus de 10 000 jeunes femmes apparaissent annuellement dans des productions pornographiques. Si l'on ajoute les films amateurs, clandestins et les caméras cachées, ce nombre s'élève à près de 40 000. À travers ce récit centré sur deux de ces actrices, Hisayasu Sato, l'un des quatre rois du
pinku eiga (cinéma érotique japonais à ne pas confondre avec films pornographiques), dresse un dur portrait, à la fois lucide, fascinant et troublant, de ce milieu où les femmes font figure d'outils jetables servant, d'un côté, à faire des montagnes de fric et, de l'autre, à assouvir certains fantasmes. Surtout connu de ce côté du monde pour son sanglant film culte
NAKED BLOOD, Sato aborde ses thèmes de prédilection, honnissant la superficialité généralisée entraînant une femme introvertie à perdre toute innocence à travers cette damnée réalité. Dépeignant une magnifique et vitale amitié entre deux personnages admirablement développés que tout oppose,
LOVE & LOATHING & LULU & AYANO évoque un
KAMIKAZE GIRLS qui se situerait dans le monde du porno, tout en dévoilant la face cachée d'un Tokyo aux multiples extrêmes où l'impitoyabilité côtoie la beauté. Tout comme votre conscience,
LOVE & LOATHING ne lâchera pas aisément son emprise sur vous.
—Nicolas Archambault