Billets

Atmo HorroX

Première Nord-Américaine
  • Québec
  • 2016
  • 101 mins
  • DCP
  • Anglais
En présence du réalisateur Pat Tremblay et de membres de la distribution

Sélection officielle : Festival international de films Revelation Perth 2016


Atmo Horrox from Festival Fantasia on Vimeo.


C’est peut-être l’histoire d’une invasion extraterrestre dans une banlieue québécoise. Ou encore les mésaventures improbables d’agents très spéciaux ayant comme mission d’affronter des espions monstrueux provenant d’un autre monde. À moins qu’il ne s’agisse de la libération des serviteurs du Diable depuis l’ouverture de la Porte des Enfers. C’est peut-être une reconstitution du cauchemar que Philip K. Dick a raconté à son thérapeute après une première nuit sobre en dix ans. C’est peut-être autre chose, évidemment. N’en demeure pas moins qu’il est assurément question ici de disparitions inexpliquées, d’un dîner au parc qui vire mal, des méfaits de la surconsommation de grignotines et, pourquoi pas, de l’arrivée sur le marché noir d’une nouvelle drogue hallucinogène aux effets secondaires particulièrement dévastateurs. Une chose reste certaine, la logique du sens a foutu le camp depuis belle lurette et n’a pas laissé de numéro où la rejoindre.

Tout va bien au royaume des fous avec Atmo HorroX, le nouvel opus surréaliste de Pat Tremblay, l’irrévérencieux maître de l’underground québécois. Si vous croyiez avoir dépassé les frontières de l’étrange avec son précédent HELLACIOUS ACRES (Fantasia 2011), dites-vous que votre voyage ne fait que commencer. Délaissant aux oubliettes les conventions vieillottes du cinéma de papa, ce bijou d’anarchisme se revendique haut et fort d’une liberté créatrice sans retenue. Le réel craque dans cet indescriptible conte de science-fiction, contaminé par des éléments perturbateurs viraux. Composée de nombreuses vignettes, cette exploration d’un univers sur le point d’imploser transforme chaque lieu de notre quotidien en labyrinthe dada. Même le langage s’en voit affecté, devenant une mélodieuse cacophonie. Inutile de préciser qu’un sournois climat d’inquiétante étrangeté survient de façon radicale, mais cet humour particulier si cher au réalisateur fait d’Atmo HorroX un irrésistible delirium comique capable de ramener un Jacques Lacan béat d’entre les morts!

— Simon Laperrière

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