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Slash

Première Canadienne
Sélection officielle : SXSW 2016, Festival international de films de Edimbourg 2016

“A poignant and sharply perceptive delight” – Stephen Saito, SMELLS LIKE SCREEN SPIRIT


Neil est un adolescent timide vivant au Texas. Il pratique un passe-temps qu’il est préférable de tenir secret : l’écriture d’histoires homoérotiques au sujet de Vanguard, un héros de science-fiction très populaire. Le jour où son calepin de notes tombe entre les mains de camarades de classe narquois, Neil est embarrassé, mais il y a tout de même un bon côté à cette mésaventure — il se lie d’amitié avec Julia. Téméraire et irrespectueuse, Julia écrit elle aussi de la « fan fiction » torride au sujet d’un personnage populaire. Dans son cas, il s’agit de Fain, une héroïne elfe. Ainsi donc, Neil n’est plus seul ni aussi isolé qu’il l’était auparavant. Grâce à Julia, il découvre la communauté des créateurs et admirateurs de « slash fiction » en ligne et s’intègre bientôt à ce petit monde. Neil et Julia décident même d’aller ensemble dans un gros congrès. Sans contredit, ils ont trouvé un bon moyen d’échapper à la médiocrité oppressante de leur vie d’étudiants, mais cela ne veut pas dire que tout est parfait pour autant…

Au début des années 70, quelques Trekkies se sont mises à fantasmer à propos de Kirk et de Spock. C’est ainsi que naquit la mode des fictions érotiques écrites par des amateurs. Plus tard, avec l’arrivée d’Internet, cette contre-culture subit une véritable explosion. Malgré tout, la production de cette littérature coquine par et pour les geeks n’a encore jamais été abordée au cinéma — jusqu’à aujourd’hui. Tous les autres aspects de la culture fantastique ou de science-fiction ont été exploités maintes et maintes fois au grand écran, alors, pourquoi pas ça? Le réalisateur indépendant Clay Liford, qui a déjà signé WUSS et EARTHLING, a décidé de relever ce défi. Magnifiquement documenté, son film est intelligent, empathique, souvent hilarant et toujours convaincant. Dans ce récit de passage à l’âge adulte, les personnages de Julia et de Neil demeurent au premier plan, et le réalisateur parvient néanmoins à faire passer une quantité considérable d’informations tant pointues que générales, pour que chacun puisse y trouver son compte, qu’il soit profane ou initié. Liford ne se moque pas de son sujet, mais il évite aussi de l’aduler. De manière objective, il examine le monde parfois instable et toujours marginal de la fan fiction, réussissant à marcher sur la corde raide sans jamais dégringoler. L’adolescence, au fond, c’est un peu ça.

— Rupert Bottenberg

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