Asie Mon Amour: Survol de volet asiatique de Fantasia 2010


Photo: Ip Man 2

Pour sa quatorzième édition, le Festival Fantasia propose plus de 50 films en provenance d’Asie. Bien sûr, les grandes nations cinématographiques d’Extrême-Orient que sont le Japon, la République de Corée, Hong Kong et la République populaire de Chine jouissent encore cette année d’une vaste représentation témoignant de la diversité et de la qualité de leur industrie. Mais l’équipe de programmation s’évertue également à dénicher plusieurs perles au sein de cinémas nationaux émergents qui nous font découvrir de nouvelles visions, de nouvelles sensibilités. Ainsi, le public pourra voir des œuvres en provenance de Thaïlande, du Vietnam, de Malaisie et, pour la première fois au festival, d’Indonésie. Le festin filmique multiculturel proposé par Fantasia 2010 promet de satisfaire les cinéphiles de toutes allégeances.

La sélection de films asiatiques mise de l’avant à Fantasia 2010 permettra aux spectateurs de poser un regard sur différentes cultures d’Asie, tout en visitant une panoplie de genres cinématographiques et en passant par toutes les gammes d’émotions. De la comédie musicale au suspense, en passant par le film de guerre et le cinéma d’épouvante, les cinéastes d’Asie utilisent souvent le film de genre pour dresser un portrait de leur nation, pour souligner certaines préoccupations sociales propres à leur pays ou pour lever le voile sur des événements historiques ayant marqué ce coin du monde. Cette réalité est fortement représentée dans la sélection de films orientaux du Festival Fantasia.

Si nous tenons à dresser un portrait représentatif du cinéma asiatique actuel à travers notre programmation, une attention est également portée vers les œuvres influentes, voire incontournables, qui ont façonné le paysage cinématographique contemporain de ces pays d’Asie. Ainsi, une sélection de films classiques est proposée à Fantasia 2010 afin que notre public puisse découvrir les œuvres ayant marqué les auteurs qui les font vibrer chaque année.

Au Japon, tout peut arriver
La sélection annuelle de films japonais de Fantasia 2010 témoigne de la vitalité d’une industrie cinématographique qui se maintient toujours parmi les nations de pointe du septième art grâce à une imagination sans borne, une originalité narrative et visuelle incomparable ainsi qu’une capacité inouïe à créer des œuvres de première classe, et ce, peu importent les budgets mis à la disposition de ses créateurs. L’animation nipponne fait un retour en force à Fantasia cette année avec huit longs métrages. Pour toute la famille, OBLIVION ISLAND: HARUKA AND THE MAGIC MIRROR (première canadienne), un film d’animation numérique proposant un univers d’une somptuosité visuelle féérique qui sera précédé du court métrage JE T’AIME (première nord-américaine) du maître Mamoru Oshii (GHOST IN THE SHELL), et MAI MAI MIRACLE (première canadienne), une œuvre poétique digne d’Hayao Miyazaki (SPIRITED AWAY), feront passer des moments magiques aux petits et grands enfants. Nous présentons aussi l’un des films d’animation marquants de la dernière année, le magnifique SUMMER WARS de Mamoru Hosoda (THE GIRL WHO LEAPT THROUGH TIME). Des adaptations filmiques de mangas et de séries animées sont également au programme avec les projections de GINTAMA: THE MOVIE (première internationale), SPACE BATTLESHIP YAMATO: RESURRECTION (première internationale) et EVANGELION 2.0: YOU CAN (NOT) ADVANCE. KING OF THORN (première canadienne), une fable fantastique dans un univers postapocalyptique, et FIRST SQUAD: THE MOMENT OF TRUTH, un film du studio 4°C aux accents ésotériques situé durant la Seconde Guerre mondiale, ferment la marche.

Si la transposition de l’imaginaire du manga au grand écran est représentée cette année par les œuvres BOYS ON THE RUN (première canadienne), HIGANJIMA (première canadienne) et CROWS ZERO 2 (première canadienne) de Takashi Miike, les adaptations de romans ont également la cote au Japon, comme en témoignent les œuvres FISH STORY et GOLDEN SLUMBER (première canadienne), présenté à la Berlinale, tous deux tirés des écrits de l’auteur Kotaro Isaka (ACCURACY OF DEATH) et réalisés par le cinéaste éclectique féru de culture populaire Yoshihiro Nakamura. Pour la première fois, Fantasia a l’honneur de présenter un long métrage du grand Hirokazu Kore-eda (NOBODY KNOWS) qui visite le fantastique avec le somptueux AIR DOLL, sélectionné à Cannes 2009 dans la section Un certain regard. Dans la même veine poétique, deux films mettant en vedette un personnage féminin fort nous proviennent du Japon : RINCO’S RESTAURANT (première nord-américaine en présence de la réalisatrice Mai Tominaga, la réalisatrice de WOOL 100%) et SAWAKO DECIDES (première canadienne), deux œuvres où évolue Hikari Mitsushima, la gagnante du prix d’interprétation féminine à Fantasia 2009 pour LOVE EXPOSURE. L’imaginaire singulier de l’humoriste japonais Hitoshi Matsumoto (BIG MAN JAPAN) se déploie dans toute sa splendeur dans le film SYMBOL, une comédie bourrée de symbolisme démontrant de façon unique comment nos plus petits gestes peuvent entraîner de grandes conséquences. Les comédies d’horreur déjantées sont également au programme avec MUTANT GIRLS SQUAD (première canadienne en présence du coréalisateur Yoshihiro Nishimura et du producteur Yoshinori Chiba) et ALIEN VS NINJA (première canadienne en présence du producteur Yoshinori Chiba). Finalement, la comédie aux accents punk rock BRASS KNUCKLE BOYS et la comédie RAISE THE CASTLE (première canadienne), de même que les classiques KURONEKO (présenté en collaboration avec Panorama-cinéma) et BATTLE FROM OUTER SPACE (présenté par l’auteur Ed Godziszewski) concluent la programmation japonaise de Fantasia 2010.

Renaissance perpétuelle de la nouvelle vague coréenne
Cette année, Ciné-Asie collabore avec Fantasia afin de mettre en relief la programmation de la République de Corée, une sélection riche en émotions et extrêmement variée. Le 60e anniversaire de la Guerre de Corée sera souligné par le film A LITTLE POND (première canadienne), un drame prenant, poétique et densément documenté portant sur le massacre de Nogunri. Le festival célèbre les 50 ans du classique coréen THE HOUSEMAID, dont le remake figurait dans la compétition cannoise cette année. Le film de Kim Ki-young, reconnu comme l’un des plus grands cinéastes sud-coréens de l’histoire, a révolutionné le cinéma de la péninsule et Martin Scorsese a dit au sujet de l’œuvre : « Que ce film si intensément, même passionnément, claustrophobe soit connu que des passionnés du cinéma en occident constitue l’un des grands accidents de l’histoire cinématographique. »

Plusieurs films épiques sont au programme. BLADES OF BLOOD (première canadienne), adapté d’une BD coréenne de renom, relate les destinées de quatre personnages qui s’entrechoqueront au son des épées en temps de révolution. A FROZEN FLOWER (première canadienne) déploie un triangle amoureux entre la reine, le roi et l’un de ses gardes dans une œuvre somptueuse et intense. Dans un esprit plus ludique, WOOCHI (première canadienne) transporte le héros folklorique Jeon Woo-chi dans un Séoul contemporain où il aura besoin de tous ses talents magiques pour combattre les forces du mal. Les comédies dramatiques à saveur culinaire seront aussi représentées par les appétissants THE NAKED KITCHEN (première nord-américaine), une comédie romantique épicurienne, et LE GRAND CHEF 2: KIMCHI BATTLE (première canadienne), où un tournoi de chefs vise à protéger l’héritage du plat national coréen. Cette année marque le retour en force du cinéma d’horreur de Corée du Sud avec POSSESSED (première canadienne), un film d’épouvante cérébral portant sur la ferveur religieuse, et THE NEIGHBOR ZOMBIE (première nord-américaine en présence de la coréalisatrice Jang Yoon-jung), un collectif innovateur nous plongeant au cœur d’une invasion de zombies. Un drame percutant, THE EXECUTIONNER (première nord-américaine), viendra bouleverser le public de Fantasia et suscitera des discussions animées au sujet de la peine de mort. Le film d’animation WHAT IS NOT ROMANCE? (première internationale) nous plonge dans les souvenirs d’une famille coréenne typique et prouve qu’un dessin animé peut représenter le quotidien de personnages attachants avec intelligence et réalisme. Les comédies coréennes ont toujours remporté beaucoup de succès à Fantasia et cette année, trois d’entre elles poursuivront cette tendance. Louangé partout où il a été projeté, CASTAWAY ON THE MOON met en scène l’acteur Jung Jae-young (GOING BY THE BOOK) pris au piège d’une île déserte en plein cœur de Séoul. De son côté, SCANDAL MAKERS (première canadienne) propose une comédie sympathique qui a obtenu un succès phénoménal dans son pays et qui pourrait faire l’objet d’une redite hollywoodienne sous peu. Coproduit avec la Chine, SOPHIE’S REVENGE (première canadienne) rappelle LE FABULEUX DESTIN D’AMÉLIE POULAIN et met en vedette l’actrice chinoise de renommée internationale Zhang Ziyi (2046) et l’acteur coréen So Ji-sub (ROUGH CUT). Finalement, le réalisateur Jang Hun (ROUGH CUT) revient avec SECRET REUNION (première canadienne), un métissage énergique de suspense, de comédie et d’action où l’excellent Song Kang-ho (THIRST) et la vedette montante Gang Dong-won (WOOCHI) incarnent respectivement un agent sud-coréen et un espion nord-coréen se livrant une joute captivante et surprenante impliquant un assassin communiste aux méthodes brutales.

Légendaires armes fatales chinoises
Le Hong Kong Economic and Trade Office (Canada) commandite encore cette année la programmation de cinéma hongkongais qui s’avère extraordinairement relevée et spectaculaire. Après le succès remporté par IP MAN l’an dernier, on peut s’attendre à des projections remplies à craquer de festivaliers enthousiastes pour IP MAN 2 (première canadienne). Donnie Yen revient dans le rôle du célèbre maître de Bruce Lee qui, cette fois, fera entre autres face au géant du cinéma d’arts martiaux Sammo Hung (PROJECT A). Yen fait également partie de la prestigieuse distribution de BODYGUARDS AND ASSASSINS (première canadienne), une fresque historique épique parsemée de combats endiablés en plein cœur de la révolution chinoise. Une autre légende du kung-fu est mise en valeur dans LITTLE BIG SOLDIER (première canadienne). Jackie Chan, l’ambassadeur par excellence du cinéma de Hong Kong en Occident, y offre une performance nuancée à l’image de celle livrée dans le récent KARATE KID. Bruce Leung (KUNG FU HUSTLE) et Chen Kuan Tai raviront aussi les admirateurs de kung-fu traditionnel sans effets spéciaux avec la comédie d’arts martiaux déjantée GALLANTS (première canadienne en présence de l’acteur Bruce Leung et du coréalisateur Clement Cheng), l’une des belles surprises à nous provenir de Hong Kong cette année.

Johnnie To reprend son rôle de producteur pour le suspense acclamé ACCIDENT où un tueur à gages et son équipe mettent au point de faux accidents afin d’éliminer leurs victimes. Collaborateur de longue date de To, Wai Ka-Fai, propose WRITTEN BY, un drame fantaisiste elliptique dans la veine des œuvres de Charlie Kaufman mettant en vedette Lau Ching-Wan que l’on peut également voir dans le suspense OVERHEARD, un jeu du chat et de la souris original et enlevant où une équipe de surveillance se laisse tenter par une fraude fiscale. Un autre favori du festival, Pang Ho-Cheung, nous revient avec deux films prouvant une fois de plus sa capacité à prendre une prémisse ordinaire et à la transformer en quelque chose d’extraordinaire, le tout pimenté de sombre satire sociale. LOVE IN A PUFF (première internationale) est une comédie où le bannissement de la cigarette entraîne le rire, les jurons et les rapprochements, alors que la comédie horrifique DREAM HOME (première canadienne) met en scène une femme prête à tuer afin d’obtenir sa maison de rêve. Finalement, de Chine continentale, THE MESSAGE (première canadienne) allie les genres pour fournir un suspense d’espionnage intense situé durant la Seconde Guerre mondiale.

Ascension du cinéma d’Asie du Sud-Est
Trois films représentent la Thaïlande cette année. D’abord, RAGING PHOENIX (première canadienne) est un film d’arts martiaux alliant le muay thai, les techniques de combat en état d’ébriété et le breakdance où Jeeja Yanin (CHOCOLATE) solidifie sa place parmi les vedettes montantes du cinéma d’action international. Ensuite, PHOBIA 2 (première nord-américaine), qui suit 4BIA présenté à Fantasia 2008, offre un collectif d’épouvante conçu par la crème des artisans thaïlandais, dont les créateurs de SHUTTER Banjong Pisanthanakun et Parkpoom Wongpoom. Finalement, présenté en collaboration avec la Cinémathèque française, LES HOMMES D’UNE AUTRE PLANÈTE, le « classique » du film de kaiju au parcours singulier, pour ne pas dire surréaliste, viendra semer l’hilarité avec sa traduction française approximative et ses monstres grotesques.

L’équipe derrière THE REBEL, présenté à Fantasia 2008, revient avec THE CLASH (première canadienne), un film d’arts martiaux vietnamien explosif où Johnny Nguyen (THE PROTECTOR avec Tony Jaa) et Veronica Ngo en mettent plein la vue. Fantasia présente cette année son premier film d’Indonésie, MERENTAU (première canadienne), un long métrage haletant présentant l’art ancien du silat harimau, une impressionnante technique de combat indonésienne. Finalement, la comédie musicale de Malaisie SELL OUT! offrira au public de Fantasia des numéros musicaux surréels dignes de Monty Python. Le premier long métrage de Yeo Joon Han est assurément l’une des critiques les plus lucides et acides de la téléréalité et de la pensée corporative.

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