CAMERA LUCIDA: Un nouveau volet se joint à la programmation!


Photo: Air Doll

Après DOCUMENTARIES FROM THE EDGE et LE WEEK-END FANTASTIQUE DU COURT MÉTRAGE QUÉBÉCOIS, le Festival Fantasia inaugure cette année un volet baptisé CAMERA LUCIDA, en référence à Roland Barthes qui a toujours manifesté sa passion sans borne pour la culture populaire. Rebelle, curieuse et innovatrice, cette nouvelle section présentera aux spectateurs les nouvelles voies entreprises par le cinéma de genre d’aujourd’hui.

Quel est l’état actuel du cinéma de genre ? L’initiative de CAMERA LUCIDA gravite autour de cette interrogation. Alors que le paysage cinématographique est aujourd’hui marqué par l’arrivée indéniable d’hybrides inclassables, certains étant même réalisés par des auteurs reconnus, la définition même de cinéma de genre apparaît de plus en plus insaisissable. Dans le but d’y voir clair, l’idée de la création d’une plateforme de diffusion consacrée à ce phénomène filmique contemporain s’est imposée au Festival Fantasia. Mais au lieu d’apporter une réponse simple à la question motrice du projet, les films présentés dans le cadre de ce volet la complexifient. Bien qu’ils se revendiquent tous fièrement d’un genre, du dessin animé à la science-fiction, en passant par la comédie musicale, chacun le redéfinit drastiquement en le confrontant à de nouvelles perspectives, en proposant une réflexion sur son passé et, surtout, en le révolutionnant. Voici donc, dans sa forme la plus radicale et inusitée, le cinéma de genre tel qu’il se présente aux cinéphiles en 2010.

À peine quelques semaines après avoir remué les puces de la Croisette, c’est au déjanté RUBBER du Français Quentin Dupieux que revient l’honneur d’ouvrir le bal. Slasher ludique au ridicule entièrement assumé, ce génial pastiche de série Z aux échos brechtiens donne la vedette à rien de moins qu’un pneu tueur en série. Première réalisation du Malais Yeo Joon Han, l’hilarante comédie musicale SELL OUT! carbure à l’humour noir pour se moquer avec irrévérence de la bêtise de la téléréalité, des corporations ainsi que d’une certaine tendance du cinéma d’auteur. En dressant un réaliste portrait doux-amer d’une famille sud-coréene parmi tant d’autres, le charmant drame animé WHAT IS NOT ROMANCE? de Hong Eun-ji, Park Jae-ok et Soo Kyoung s’avère beaucoup plus près des préoccupations de Mizoguchi que celles d’Oshii. Cocktail de film noir et de romance à la mise en scène méticuleuse, NEVERLOST du Canadien Chad Archibald aborde le thème de la folie en explorant le labyrinthe intérieur d’un scénariste raté confronté à ses chimères. Avec AIR DOLL, le maître du cinéma contemporain Hirokazu Kore-eda retrouve le fantastique de AFTER LIFE et signe une méditation poétique où l’emploi du réalisme magique lui permet d’illustrer le mal de vivre de notre société. « 1 » du Hongrois Pater Sparrow est un film dément, un casse-tête de science-fiction existentialiste qui, en plus de capturer avec perfection l’esprit des romans du regretté José Saramago, nous propulse dans un univers surréaliste où toute idée philosophique éclate sous le poids du délire. Directement sorti de l’abattoir, l’expérimental THÉORIE DE LA RELIGION de Frédérick Maheux clôt le volet avec le spectacle transgressif d’un homme découvrant en un mannequin l’obscur objet de désir permettant la concrétisation de ses fantasmes.

Chad Archibald et Frédérick Maheux seront présents à Fantasia pour assister à la première mondiale de leur film respectif.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :
press@fantasiafestival.com

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